Le FC Barcelone nous a offert un récital face à un Manchester United, bien timoré. On a vu des pertes de ballons mancuniennes très rapides, un coaching peu judicieux, une attaque très timide à l'image du mythique Ryan Giggs. Finalement, les hommes de Sir Alex Ferguson auront perdu la première finale européeenne de leur histoire en ne jouant qu'à de très rares périodes du match. On peut notamment citer les dix bonnes premières minutes qui auraient pu être fatales aux Catalans, si Carlos Valdes n'avait pas été vigilant sur un boulet de canon de Cristiano Ronaldo. Pourtant privés de ballon, les Barcelonais allaient refroidir les ardeurs des Reds en inscrivant un but par l'intermédiaire de Samuel Eto'o sur leur première incursion dans la surface de Van Der Sar. Il n'en fallait pas plus pour lancer le rouleur compresseur blaugrana. Désormais, plus rien ne pouvait s'opposer aux hommes de Pep Guardiola, même pas les quelques tentatives de Cristiano Ronaldo, qui aura été le meilleur mancunien sur le terrain. Le joueur à la gomina a essayé, mais en plus de perdre la Ligue des Champions, il a par la même occasion perdu des points dans la lutte pour l'obtention du Ballon d'Or 2009, un trophée qu'il détient depuis l'année dernière après avoir devancé Messi. Le petit génie blaugrana, qui avec cette victoire se positionne désormais comme le grand favori, a réalisé une excellente prestation et a même aggravé le score à la 70ème minute. Là où quelques minutes plus tôt, à la 49ème, le tir de Thierry Henry parfaitement lancé avait buté sur le portier des Reds Devils, puis à la 52 ème minute, Xavi avait échoué en trouvant le montant gauche de Van der Sar sur un coup franc joliment tiré, Leo Messi allait s'envoler pour lober le portier mancunien grâce à un beau centre de Xavi. L'argentin inscrivait à cette occasion son neuvième but de la compétition lui permettant ainsi de s'installer en tête confortablement en tête du classement des scoreurs devant Klose et Gerrard (7). 2-0, la messe était dite ... Les catalans auraient pourtant pu alourdir le score sur un bel enchainement Keita-Puyol, le capitaine barcelonais frappe directement sur Van Der Sar bien sorti.
Malgré les absences d'Eric Abidal, de Daniel Alvès, suspendus et de Rafael Marquez, blessé, qui avait obligé Pep Guardiola à revoir sa mise en place tactique en décalant Puyol sur le flan droit, Yaya Touré en défense central, et à titulariser Sylvinho et Sergio Busquets, le FC Barcelone décroche la troisième Ligue des Champions. Grâce à cette victoire, les Blaugranas rejoignent par la même occasion les Reds au nombre de coupes aux grandes oreilles gagnés et signent surtout un triplé historique. Les catalans deviennent en effet le premier club hispanique à remporter la Liga (en humiliant notamment le Real Madrid 6-2), la Coupe du Roi (victoire 4-1 contre l'Athletic Bilbao) et la Ligue des Champions. Après 1992, 2006, les Barcelonais entrent au Panthéon du Football, et restera à jamais comme l'une des plus grandes équipes de l'histoire du football tant par la qualité de jeu et du spectacle offert tout au long de l'année que par la grandeur de ses résultats.
Pour cela, le FC Barcelone a pu compter sur le talent d'un diamant formé au club. Je veux parler de Pep Guardiola qui avait déjà éclaboussé de sa classe l'histoire du Barça en tant que joueur avec le numéro 4 dans le dos de 1990 à 2001. Il avait d'ailleurs déjà remporté la Ligue des Champions en 1992. Après une escale en Italie et au Qatar, il était revenu dans son club formateur en 2007 comme entraineur de l'équipe B avant d'être promu en tout début de saison coach de la première avec laquelle il a donc réalisé des débuts fracassants. Sur le terrain, il pouvait s'appuyer sur plusieurs joueurs sortis de la Masia, le centre de formation du Barça. A commencer par Carlos Valdes, si souvent considéré comme le maillon faible de cette équipe mais qui aura tout de même sauvé les siens à plusieurs reprises dans cette Ligue des Champions, notamment à Chelsea. En défense, le capitaine Carles Puyol a su s'adapter aux modifications tactiques sans trop de problèmes, passant du centre au flan droit de la défense sans problème. Leo Messi est lui aussi sorti de ce centre de formation. Présenté comme un génie dès ces débuts le 16 octobre 2004. En proie à une maladie hormonale dans son enfance (il mesurait 1,11 m à 10 ans), le petit argentin de Rosario signe au Barça qui lui offre les soins nécessaires. Il a réalisé une saison hors normes et est aujourd'hui considéré pour beaucoup comme le meilleur joueur du monde. Et comment ignorer la magnifique paire Xavi-Iniesta qui après avoir emmené l'Espagne à un titre européen l'été dernier, le premier depuis 1960, ont été les guides du FC Barcelone toute la saison. Et comme à l'accoutumée, ils n'ont pas déçu mercredi soir et le match d'Iniesta notamment frôlé la perfection. On a souvent tendance à parler de Leo Messi, mais incontestablement le Barça ne sera pas si beau sans son énormissime duo de milieu de terrain qui mercredi a bénéficié du bon travail de récupération de Sergio Busquets, autre joueur maison, dans un rôle proche de celui de Marco Senna en équipe nationale. A cette liste, on peut aussi rajouter le prometteur Bojan. Adoubé par Monsieur Johan Cruyff, ancien entraineur du FCB et instigateur du beau jeu blaugrana (le toque ), Pep Guardiola s'est appuyé sur le centre de formation, et a pu compter sur des joueurs de qualité acheté par le club. On citera Samuel Eto'o, déjà buteur en finale en 2006, le Camerounais termine sa cinquième saison, avec une fois de plus des statistiques très impressionnantes (35 buts marqués en Liga + C1). Il a formé un trio très prolifique avec Leo Messi et Thierry Henry, qui après une première saison difficile, a réalisé un exercice d'excellente facture récompensé par la victoire d'une première Ligue des Champions tant attendu. C'était le seul trophée qui manquait à sa galerie. Absent de la finale, Daniel Alves et Eric Abidal ont pesé sur de leur poids en donnant sur leur aile un atout offensif supplémentaire. Anciens pensionnaires de la LIgue 1, comme Abidal, Yaya Touré s'est imposé au milieu de terrain, et Seydou Keita a lui joué les jokers de luxe, inscrivant quelques buts.
" Mes que un club " annonce-t-on souvent. Après une telle saison, il n'y a qu'un mot : MAGIQUE. Ca fait beaucoup de bien de voir un si beau jeu dont beaucoup devraient tirer des enseignements. Encore merci Guardiola, merci Iniesta et compagnie, merci le Barça et à l'année prochaine ...
